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Entretien avec Dennis Zimon, cofondateur de Passolution

Partnerinterview mit Dennis Zimon
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« Du jour au lendemain, tout le monde me connaissait »

Entretien avec Dennis Zimon, cofondateur et directeur général de Passolution, mené par Magnus Kunhardt pour Midoco.

Un commercial en assurance qui savait simplement qu’il voulait se mettre à son compte… et un stand de salon qui lui est tombé sur la tête lors de son premier congrès professionnel. C’est ainsi que commence l’histoire de Passolution. Près de neuf ans plus tard, l’entreprise de Cologne fournit aux agences de voyage et aux voyagistes d’Allemagne, d’Autriche, de Suisse et bien au-delà les conditions d’entrée pour toutes les nationalités – en 21 langues et directement intégrées à Midoco et Umbrella. Au cours de cet entretien, Dennis explique pourquoi un lien dynamique vaut mieux que n’importe quel PDF, pourquoi il faut encore se montrer prudent face aux réponses générées par l’IA concernant les questions d’entrée sur le territoire, et pourquoi les voyages sont aujourd’hui le nouveau symbole de statut social.

Dennis, parle-nous un peu de toi, de ton parcours et de ton entreprise.

Je ne viens pas du tout du secteur du voyage. Après le bac, pour être honnête, je ne savais pas trop quoi faire de ma vie. J’ai donc suivi une formation classique dans une compagnie d’assurance, puis j’ai fait des études en alternance et j’ai travaillé dans le service commercial. Mais il y a une chose dont j’étais sûr assez tôt : je voulais me mettre à mon compte. J’avais sans cesse des idées et j’essayais de m’implanter quelque part.

C’est alors qu’est apparue Passolution. J’ai monté cette entreprise avec mon associé actuel, que j’ai rencontré par l’intermédiaire d’amis communs. Il vient du secteur du tourisme et a longtemps travaillé en tant qu’indépendant pour des entreprises de renom. Il avait besoin de quelqu’un capable de vendre, j’avais besoin de quelqu’un capable de développer des solutions techniques – une très bonne combinaison qui fonctionne encore aujourd’hui.

C’est la directive sur les voyages à forfait qui a donné l’impulsion. Fort de mon expérience dans le domaine de l’assurance, il m’a semblé tout naturel de me pencher sur ces questions juridiques. C’est ainsi que nous avons découvert une lacune : à l’époque, les conditions d’entrée sur le territoire n’étaient pas encore vraiment couvertes de manière approfondie. Nous avons créé l’entreprise en 2017.

Je n’oublierai jamais ces débuts. Nous tenions pour la première fois un stand au congrès de la DRV à Ras Al Khaimah. Personne ne me connaissait, presque personne n’avait entendu parler de nous. Après les conférences, tout le monde se trouvait au buffet, il y avait du vent… et c’est là que notre stand m’est tombé sur la tête. Il ne s’est rien passé, ce n’était que du carton. Mais d’un coup, tout le monde me connaissait. Je n’aurais pas pu imaginer meilleure façon d’engager la conversation.

Aujourd’hui, je peux dire : j’adore notre secteur. La façon dont nous interagissons les uns avec les autres, les événements, les produits… Et puis je voyage moi-même depuis que je suis tout petit. À l’heure actuelle, je ne peux pas m’imaginer travailler ailleurs.

Quels services Passolution propose-t-elle, et quel problème central votre produit résout-il ?

En Europe, toute personne qui vend un voyage à forfait doit, parmi de nombreuses autres obligations, informer ses clients des formalités d’entrée dans le pays. Cela ne se résume pas simplement à dire : « Il te faut un passeport. » Il s’agit de savoir si un visa est nécessaire et lequel, quels vaccins sont obligatoires, jusqu’à quand le passeport doit être valable après le voyage et quelles sont les autres particularités.

Le véritable défi : il ne s’agit pas seulement de fournir ces informations aux Allemands, mais à toutes les nationalités. C’est exactement ce que nous avons mis en place. Dans notre base de données, vous trouverez non seulement ce dont un client allemand a besoin pour son voyage, mais aussi ce dont a besoin un client français, polonais, américain, chinois ou chilien. Nous proposons ce service en 21 langues. Nos principaux marchés sont l’Allemagne, l’Autriche et la Suisse, mais nous avons également des clients en Belgique, aux Pays-Bas, en France et en Australie – et nous avons récemment reçu une demande en provenance de Nouvelle-Zélande. En théorie, notre service peut être utilisé partout dans le monde.

Nous mettons ces informations à jour quotidiennement. Heureusement, pour les Allemands, rien ne change tous les jours. Mais avec autant de nationalités, de destinations et d’îles ayant leurs propres règles, nous apportons presque chaque jour une modification quelque part. Nos sources sont les instances officielles : ce que représente le ministère fédéral des Affaires étrangères en Allemagne existe également dans d’autres pays, sous des formes plus ou moins variées. Un partenaire externe effectue quotidiennement pour nous un état des lieux ; les informations sont traitées de manière semi-automatisée puis intégrées dans notre système. Nous menons également de nombreuses expérimentations avec des agents d’IA. Ceux-ci ne sont toutefois pas encore aussi fiables qu’ils devraient l’être.

C’est aussi un appel à nos collègues : soyez prudents face aux réponses fournies par l’IA concernant les questions d’entrée sur le territoire. Par le passé, ceux qui recherchaient « ESTA » sur Google ne tombaient souvent pas d’emblée sur le site officiel. Dans le meilleur des cas, on paie plus cher ; dans le pire, on obtient un document qui ne permet pas du tout d’entrer dans le pays. C’est exactement ainsi que fonctionnent de nombreux bots d’IA : ils prennent la première information qu’ils trouvent. Ce n’est qu’en creusant davantage qu’on obtient la bonne réponse. À moyen terme, l’IA sera une aide précieuse – mais ce n’est pas encore le cas aujourd’hui.

Comment votre service s’intègre-t-il dans le flux de travail des agences de voyages et des TMC, tant au niveau local qu’international ?

L’essentiel est que le client reçoive l’information avant la réservation. C’est pourquoi nous sommes intégrés aux systèmes de tarification courants et aux prestataires de services de mid-office. Mais beaucoup fournissent également ces informations avec les documents de réservation.

La pandémie de Covid-19 a considérablement renforcé le besoin d’informations chez les voyageurs. Nous sommes aujourd’hui présents sur de très nombreux sites web et avons considérablement élargi notre infrastructure informatique. L’approche a évolué : on est passé de « Je fournis les informations à mon client dans l’offre, et le sujet est clos » à « Je l’accompagne et je continue à le conseiller même après la réservation ».

C’est notamment le cas pour les croisières et les voyages lointains, où il s’écoule souvent beaucoup de temps entre la réservation et le départ, et où il se passe actuellement beaucoup de choses. Les conflits sont source d’incertitude ; de nombreux pays réintroduisent des procédures en ligne et des formulaires d’entrée sur le territoire – notamment parce que les destinations ont appris à en tirer des revenus. Le client doit donc être informé de ces changements afin d’éviter toute mauvaise surprise à son arrivée.

Voici un exemple illustrant à quel point cette question est délicate : pour l’île Maurice, le ministère fédéral des Affaires étrangères a indiqué que le passeport devait être valable six mois, alors que les autorités officielles sur place exigent uniquement une validité allant au-delà de la durée du voyage. Nous avons fait vérifier cette information auprès de nos interlocuteurs sur place et de l’ambassade : personne n’a pu comprendre d’où provenait cette indication. Bien sûr, ce genre de situation est source d’inquiétude pour les voyageurs, et nous devons les informer clairement. Compte tenu de notre volume – l’année dernière, nous avons enregistré environ 44 millions de requêtes –, nous sommes régulièrement confrontés à ce genre de cas. D’ailleurs, j’ai déjà vu quelqu’un faire la queue à l’aéroport avec nos informations imprimées à la main. Cela m’a rendu très fier de mon équipe.

Comment votre solution s’intègre-t-elle à Umbrella et Midoco, et quel en est l’avantage pour le client ?

L’intégration est très similaire dans les deux systèmes. Il existe deux options : les informations d’entrée sur le territoire sont envoyées au client sous forme de fichier PDF ou de lien vers notre site. Les deux sont générés par le système et envoyés avec les documents de voyage.

Ce que je trouve génial : chez Midoco et Umbrella, nous avons mis en place le lien. La question de savoir s’il faut informer les clients des modifications ultérieures relève actuellement d’une zone grise sur le plan juridique – nous en discutons d’ailleurs une fois par an lors de notre webinaire juridique avec le Dr Vogel d’ADVANT Beiten. Grâce au lien, cela se fait automatiquement. Le client peut enregistrer les informations dans son portefeuille numérique et reçoit une notification push sur son téléphone portable en cas de changement. Il peut également indiquer son adresse e-mail.

Bien sûr, certains clients souhaitent disposer de leurs documents sous forme imprimée ; cela dépend du public cible, et il faut en tenir compte. Mais si une autre solution est possible, le lien est la meilleure option. D’autant plus qu’on évoque actuellement une révision de la directive sur les voyages à forfait, dans laquelle la communication des modifications devrait être abordée. Dans ce cas, notre solution commune couvre déjà ce point. Il y a certainement encore un potentiel d’amélioration ici ou là – ce serait d’ailleurs étrange qu’il n’y en ait pas. Mais nous avons créé quelque chose de vraiment génial, qui nous permet d’accompagner au mieux nos clients communs.

Vois-tu des défis majeurs dans le secteur, et disposons-nous des outils pour les relever ?

Les défis sont nombreux : conflits, technologie, IA, cashback, pression sur les prix. Et au final, la question qui se pose est la suivante : comment notre client pourra-t-il continuer à s’offrir ses vacances dans les années à venir ?

Dans notre univers, deux thèmes nous occupent particulièrement. Le premier est l’IA – même si je parlerais plutôt d’une révolution technologique. Tout le monde met en place et utilise l’IA. Ce qui m’intéresse, c’est de savoir si nous parvenons à briser les schémas existants. Nous disposons d’environnements informatiques qui existent depuis de nombreuses années, et leur grand avantage est qu’ils fonctionnent de manière extrêmement stable. Notre produit est extrêmement complexe, ce dont beaucoup ne se rendent même pas compte. Puis quelqu’un de l’extérieur arrive et demande pourquoi on ne fait pas tout à partir d’une seule source. Le marché allemand fonctionne différemment de beaucoup d’autres, mais cela s’explique par des raisons historiques et a sa raison d’être. Je suis curieux de voir comment la nouveauté s’articulera avec l’ancien. À cela s’ajoutent les rachats et les fusions : il se passe actuellement beaucoup de choses en coulisses, et les trois à cinq prochaines années s’annoncent passionnantes.

Le deuxième sujet concerne l’actualité mondiale. Nous avons mis en place une sorte de système de gestion de crise qui permet aux entreprises d’identifier quels sont leurs clients touchés par un conflit, un tremblement de terre ou tout autre événement. C’est un sujet très sensible : il faut peser soigneusement ce que l’on communique et déterminer quels sont les droits et obligations applicables dans chaque cas.

Ce qui m’attriste : les choses pourraient tellement mieux se passer. Ce que nous faisons est formidable. Nous mettons en relation les gens et les cultures, et nous ouvrons les yeux. Autrefois, la voiture était un symbole de statut social ; aujourd’hui, c’est le voyage que l’on a effectué. Il est d’autant plus triste de constater que, dans de nombreux endroits, on ne se sent plus en sécurité.

Après la pandémie, je suis allé à Paris avec ma moitié ; nous faisions partie des premiers touristes étrangers. Les gens étaient incroyablement heureux de nous voir là-bas. On oublie souvent combien de moyens de subsistance dépendent du tourisme. Cette période a justement montré à quel point il est important que nous fassions tout notre possible pour que les voyages restent possibles à l’avenir comme ils l’ont toujours été.